Si vous soupçonnez un déversement intentionnel d'un agent chimique, biologique ou radiologique (CBRN), veuillez immédiatement contacter les autorités locales d'intervention d'urgence (911). De plus, pour les incidents CBRN survenant:
Ce qui suit est de l’information générale et ne devrait pas servir de formation spécialisée en intervention d’urgence. Ne pas approcher des lieux de l’incident sans formation ni équipement appropriés.
Les intervenants d’urgence peuvent utiliser l’information qui suit afin d’effectuer une évaluation préliminaire d’une situation soupçonnée d’impliquer l’utilisation criminelle ou terroriste d’agents chimiques, biologiques et/ou de matières radioactives (agents CBRN). Pour les aider à évaluer la situation, une liste d’indices observables indiquant la présence ou l’utilisation d’un agent biologique/chimique ou de matière radioactive est fournie ci-dessous. Cette section est complétée par un tableau présentant des distances sécuritaires pour diverses menaces lorsque des incidents impliquent un engin explosif improvisé (EEI).
DIFFÉRENCE ENTRE UN AGENT CHIMIQUE, BIOLOGIQUE OU RADIOLOGIQUELes agents chimiques et biologiques ainsi que des matières radioactives peuvent être dispersés dans l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, ou sur les surfaces que nous touchons. Les méthodes de dispersion peuvent être aussi simples que l’ouverture d’un contenant ou l’utilisation d’un dispositif conventionnel d’arrosage pour le jardin, ou aussi élaboré que la détonation d’un engin explosif improvisé.
Incidents chimiques: Ceux-ci se caractérisent par l’apparition rapide de symptômes médicaux (une question de minutes ou d’heures) et par des signes facilement observables (résidu coloré, feuillage mort, odeur forte, insectes et animaux morts).
Incidents biologiques: Ceux-ci se caractérisent par l’apparition de symptômes en termes d’heures et de jours. Typiquement, il n’y aura aucun signe parce que les agents biologiques sont généralement inodores et incolores. Étant donné que les symptômes apparaissent avec un certain retard, la zone affectée pourrait être plus vaste en raison du déplacement des individus infectés.
Incidents radiologiques: Ceux-ci se caractérisent par l’apparition de symptômes (s’il y a lieu) quelques jours, semaines ou même plus après l’exposition. Il n’y aura typiquement pas de signes caractéristiques parce que les matières radioactives sont généralement inodores et incolores. De l’équipement spécialisé est requis afin de déterminer la taille de la zone affectée et si le niveau de radioactivité représente un risque immédiat ou à long terme pour la santé. Étant donné que la radioactivité n’est détectable qu’avec des instruments spécialisés, la zone affectée pourrait augmenter en raison du déplacement des personnes contaminées.
Les sources les plus probables de radiation ne généreraient pas suffisamment de radiation pour provoquer la mort ni causer une maladie sérieuse. Lors d’un incident radiologique impliquant un engin explosif de type « bombe sale (dirty bomb) », ou un dispositif de dispersion radiologique (DDR), dans lequel un explosif conventionnel est détoné pour propager une contamination radioactive, le danger principal est causé par l’explosion elle-même. Toutefois, certaines matières radioactives dispersées dans l’air pourraient contaminer plusieurs pâtés de maisons, créant par le fait même un sentiment de peur et de panique, nécessitant un processus de décontamination potentiellement coûteux.
Lorsque vous approchez d’un lieu pouvant mettre en cause des agents chimiques, biologiques ou des matières radioactives, la considération la plus importante est votre propre sécurité et celle des autres intervenants.
Utilisez des vêtements de protection et des appareils respiratoires appropriés au niveau de danger en cause. Lorsqu’on soupçonne qu’un incident pourrait impliquer une matière CBRN comme arme, l’utilisation de protection respiratoire de niveau CBRN approuvée par le NIOSH est fortement recommandée. Soyez conscient que la présence et l’identification des agents chimiques, biologiques ou radiologiques puissent ne pas être vérifiables, en particulier dans le cas des agents biologiques ou radiologiques.
Les mesures suivantes sont valides à la fois en cas d’incident chimique, biologique ou radiologique. Les directives sont générales; la possibilité de les appliquer devrait être évaluée au cas par cas.
Dans le cas d’un incident chimique, la disparition des odeurs de produits chimiques n’indique pas nécessairement des concentrations de vapeur réduites. Certains produits chimiques annihilent les sens, donnant une fausse sensation que le produit chimique a disparu.
Dans le cas où des indices semblent indiquer qu’une zone ait été contaminée par des matières radioactives, incluant le site d’une explosion non-accidentelle, le personnel d’intervention devrait :
Cet équipement devrait d’ailleurs être conçu de manière à alerter les intervenants lorsqu’en présence d’un débit de dose inacceptable ou qu’une certaine dose ambiante ait été atteinte.
Actions initiales à considérer lors d’un incident potentiellement CBRN/terroriste:Si des agents chimiques ou biologiques sont soupçonnés : Les intervenants d’urgence devraient suivre les procédures normales de décontamination (rinçage, déshabillage, rinçage). La décontamination en masse de nombreux blessés devrait commencer le plus tôt possible en déshabillant les personnes à nu et en les rinçant avec de l’eau et du savon. Pour de plus amples informations, veuillez communiquer avec les organismes indiqués à l’intérieur de la couverture arrière du présent Guide.
Pour des personnes contaminées par des matières radioactives : Limitez la propagation de la contamination le plus possible. Déplacez ces personnes dans une zone de faible radioactivité si nécessaire, et s’il est possible de le faire de façon sécuritaire. Enlevez les vêtements et placez-les dans des contenants scellés et clairement identifiés, tel qu’un sac de plastique par exemple, pour analyse future. Utilisez les méthodes de décontamination mentionnées ci-dessus mais évitez de briser la surface de la peau (par exemple, un brossage trop vigoureux). Une contamination radiologique externe sur la peau intacte cause rarement une dose suffisamment élevée pour poser un risque à la fois pour la personne contaminée et pour les intervenants d’urgence. Pour cette raison, une personne blessée et contaminée radiologiquement devrait d’abord être stabilisée médicalement.
NOTE: Cette information fut développée en partie par le Ministère de la Défense Nationale du Canada, le Ministère de l'Armée américaine, Aberdeen Proving Ground et le Bureau d’Investigation Fédéral (FBI).
AGENTS DE GUERRE CHIMIQUE ET BIOLOGIQUE
Les agents de guerre chimique et biologique n’ont pas de numéro d’identification (NIP) parce qu’ils ne sont pas transportés commercialement. En situation d’urgence, le guide assigné (section orange) fournira des recommandations pour la phase initiale.
Agents de guerre biologique :
| Agents biologiques | Pathogènes (bactéries, virus, etc.) qui sont dispersés avec des intentions criminelles. Ils peuvent causer des maladies ou la mort chez les êtres humains qui sont autrement en santé. Exemples : Anthrax, peste, virus de la variole. Voir GUIDE 158. |
| Toxines | Matière toxique provenant d'une source végétale, animale ou bactérienne. Exemples : Ricin, toxine botulinique. Voir GUIDE 152. |
Agents de guerre chimique :
| Agents incapacitants | Matières qui empêchent les gens de penser clairement ou qui provoquent un état de conscience altéré (éventuellement une perte de conscience). Exemples : Benzilate de 3-quinuclidinyle (Buzz). Symptômes : Hallucinations, confusion, agitation, pupilles dilatées, vision floue, peau sèche/rouge, diarrhée, fréquence cardiaque élevée, hypertension artérielle, température élevée. |
| Agents de gaz lacrymogène | Composés chimiques qui rendent temporairement les personnes incapables de fonctionner en provoquant une irritation des yeux, de la bouche, de la gorge, des poumons et de la peau. Exemples : Chloroacétophénone, cyanures de bromobenzyle. Symptômes : Larmoiement excessif, sensation de brûlure aux yeux, vision floue, rougeur des yeux, brûlure et irritation de la bouche, difficulté à avaler, oppression thoracique, toux, sensation d'étouffement, brûlures cutanées et éruption cutanée. |
| Agents neurotoxiques | Substances qui interfèrent avec le système nerveux central. L’exposition s’effectue principalement par le contact du liquide (par la peau ou les yeux) et secondairement par inhalation de la vapeur. Exemples : Sarin, Tabun, VX. Symptômes : Micropupille, mal de tête extrême, serrement de la poitrine, dyspnée, écoulement nasal, toux, salivation, assoupissement des sens, crise. |
| Agents suffocants | Substances qui causent des lésions aux poumons. L’exposition s’effectue par inhalation. Dans des cas extrêmes, les membranes enflent et les poumons se remplissent de liquide (oedème pulmonaire). La mort résulte de l'asphyxie. Exemples : Diphosgène, phosgène. Symptômes : Irritation des yeux, du nez et de la gorge, détresse respiratoire, nausée, vomissement, brûlement de la peau exposée. |
| Agents vésicants | Substances qui causent des cloques sur la peau. L’exposition s’effectue par contact d’un liquide ou de vapeur avec les tissus exposés (yeux, peau, poumons). Exemples : Lewisite, Moutarde. Symptômes : Yeux rouges, irritation cutanée, brûlure de la peau, cloques, lésions aux voies respiratoires supérieures, toux, enrouement. |
| Agents vomitifs | Produits chimiques provoquant une irritation rapide des yeux, des voies respiratoires supérieures et de la peau, ainsi que des nausées et des vomissements. Exemples : Adamsite, diphénylchloroarsine. Symptômes : Irritation des yeux et du nez, sensation de brûlure dans la gorge, oppression thoracique, nausées, vomissements, crampes abdominales. |
| Hémotoxiques sanguins | Substances qui interfèrent avec la respiration cellulaire (l’échange d’oxygène et de dioxyde de carbone entre le sang et les tissus). Exemples : Arsine, chlorure de cyanogène, cyanure d'hydrogène. Symptômes : Détresse respiratoire, mal de tête, assoupissement des sens, crise, coma. |
DISTANCES D’ISOLATION INITIALES ET D’ACTIVITÉS DE PROTECTION
| Agents de guerre chimique | Guide | Isolation initiale Mètres |
Petit rejet Kilomètres |
Grand rejet Kilomètres |
|---|---|---|---|---|
| Agents de gaz lacrymogène | 159 | 30 | 0.2 | 0.6 |
| Agents incapacitants | 153 | 1000 | 1.7 | 7.8 |
| Agents neurotoxiques | 153 | 400 | 1.0 | 4.0 |
| Agents suffocants | 125 | 100 | 0.3 | 1.1 |
| Agents vésicants | 153 | 200 | 0.4 | 1.6 |
| Agents vomitifs | 153 | 100 | 0.6 | 1.1 |
| Hémotoxiques sanguins | 117 | 400 | 0.9 | 3.2 |
Pour les agents de guerre biologique, se référer au Guide respectif pour les distances.
Un EEI est une bombe et/ou un dispositif de destruction « fait maison » utilisé afin de détruire, rendre invalide, harceler ou faire diversion. Puisqu’ils sont artisanaux, les EEI peuvent prendre plusieurs formes, allant d’une bombe tuyau de petit format jusqu’à un engin sophistiqué capable de causer des dommages et des décès considérables.
Le tableau suivant prédit le rayon d’action de plusieurs EEI, basé sur le volume ou le poids des explosifs (en équivalence TNT) et le type de bombe.